Signé... Furax!

Quand j’aurai un peu de temps devant moi, j’essaierai d’aménager pour ce personnage l’espace qu’il mérite. Pour l’heure, je me contenterai de signaler la parution toute récente, aux éditions Omnibus des Presses de la Cité le recueil ci-dessous. Il contient l’intégrale des scripts de la série radiophonique diffusée en 1951-52. L’émission était enregistrée, mais il semble bien que l’INA en ait égaré les bandes. Impossible donc, dans l’avenir prévisible, de savourer une édition en CD, comme cela avait été le cas, quand EPM a publié en coffrets trois saisons de Signé Furax! Mais c’est déjà un progrès immense: jusqu’ici, la seule façon de connaître les événements de cette première aventure d’Edmond Furax était de se procurer les quatre volumes parus aux éditions Martel en 1952, Malheur aux Barbus, Confession de Furax, Mangez de la salade et Les Barbus dans l’espace. Et encore restait-on le bec dans l’eau, le 4e volume laissant l’intrigue en suspens avant sa fin.


Désormais, voilà qui est en partie réparé: dans ce volume dodu, reprenant les textes enluminés de petits dessins figurant les divers effets sonores, on saura tout sur les terribles enlèvements de barbus qui ont défrayé la chronique des années 1950 débutantes, sur la traque fébrile lancée par le commissaire Socrate, aidé par les détectives Black and White et menée à travers toute la Terre, voire beaucoup plus loin, sur les applications les plus effroyables de la barbologie par le Pr Merry Christmas, les plus mystérieuses des sectes hindoues, l’origine du slogan Mangez de la salade! et mille et un autres détails qui valent leur poids de senteur.


Comme je ne suis jamais satisfait, je me suis incontinent demandé si Omnibus, qui a déjà édité plusieurs recueils des œuvres de Pierre Dac, allait poursuivre cette excellente entreprise en publiant de la même façon l’intégrale en scripts des quatre saisons de Signé Furax! (1956-1960), EPM manifestant une inexpugnable réticence à éditer Le Fils de Furax, que ce soit en CD ou en mp3.


Et la réponse semble bien être que oui! En se rendant sur le site d’Omnibus, on peut y constater que le titre officiel de ce volume est Malheur aux barbus (Signé Furax -Tome 1). Attendons donc en contenant notre impatience la publication des tomes suivants, qui devraient contenir l’intégrale des scripts de Signé Furax! proprement dit, soit quatre saisons de Dac et Blanche en pleine forme (comprenant notamment les bouts allégés dans l’édition CD — l’explication de la survie d’Asti Spumante dans Le Boudin sacré, la triste fin de Grougnache au début de La lumière qui éteint, entre autres).


Je me pourlèche d’avance.




3 décembre 2012: Pourléchage prématuré, visiblement...


La collection Omnibus semble s'être arrêté à ce premier tome des scripts des aventures de Furax – dommage: bien que les coffrets de CDs d'EPM soient fort agréable, il ne faut pas oublier qu'ils représentent une sérieuse abréviation du feuilleton d'origine, alors que les volumes Omnibus permettraient une intégrale des textes.


Mais peu importe: on attendait Grouchy, ce fut… moins cher. Espéré depuis tellement d'années qu'on n'y songeait plus, déboule sur les étalages le coffret CD de la 4e et dernière saison de Signé Furax: Le Fils de Furax. Moins cher que les coffrets précédents, mais présenté dans un format qui fait la moitié de la taille des trois déjà parus. Furax avait terminé la saison précédente, Le Gruyère qui tue, en apprenant qu'il avait un fils, Alexis. Le voici qui doit gérer cet enfant génial, extrêmement poli et d'une honnêteté quelque peu contrariante pour un père comme le grand, le terrible Edmond Furax. Mais, bien vite, Furax va avoir d’autres soucis, et notamment la concurrence d’un mystérieux autre génie du mal, l'Ange mauve. Et les Babus, flairant la bonne occasion, réapparaissent avec un nouveau plan de conquête du monde qui tourne autour des prodigieuses capacités de l'extrapolateur de densité du professeur Hardy-Petit. Arma virumque cano (bis)!

                                            

Une saison finalement plus riche en aventure pure et en péripéties qu'en trouvailles humoristiques. Le ton demeure, mais les inventions loufoques de Dac et Blanche se font plus rares: il faut dire que Blanche est pris par sa carrière cinématographique et que Pierre Dac ne va pas fort, allant jusqu'à tenter de se suicider en début d'année. Théo Courant et Carole ont disparu, de même que Pauline V, on suit moins la DDT (mais Maurice Biraud est toujours là, en Gigondas Favouille à défaut de Socrate)… Plus d'action, sur une distribution qui semble plus resserrée. Qu’importe: on ne s'ennuie pas, entre le vol du Bourdon et le siège de Troie, et on est bien heureux d'avoir enfin ce dernier volet, même sous cette forme courte.


Il serait agréable qu'Omnibus poursuivît l'édition des scripts. Cela nous permettrait sans doute d'avoir l'explication de certaines ellipses des CD – pourquoi le Grand Babu semble-t-il avoir triomphé de son ambivalence vis-à-vis du rôle qu'il joue, par exemple?


Un jour, peut-être...



 

Créé par Pierre Dac et Francis Blanche, le terrible Edmond Furax est l’aventurier par excellence. Penchant tantôt du côté maléfique, tantôt du bord de la Justice, il a vécu, entre 1951 et 1960, des aventures qui ont tenu les auditeurs rivés à leur radio.